Focus sur le cinéaste Sam Peckinpah à l’occasion de la rétrospective de ses films à la Cinémathèque française

La rétrospective consacrée à Sam Peckinpah se tient actuellement à la Cinémathèque française jusqu’au 11 octobre. Pour l’événement, pleins feux sur la carrière exceptionnelle de ce grand maître du cinéma qui a inspiré Martin Scorsese ou Michael Man.

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Sam Peckinpah en plein tournage
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© D.R.

Né dans une famille de juriste, le jeune Peckinpah s’engage contre toute attente dans les Marines. Il y restera quatre ans. Plus tard, en 1947, il intègre l’université de Fresno, puis de Los Angeles. C’est là que naîtra sa vocation de réalisateur.

Devenu l’assistant de Don Siegel, son mentor, il fait ses premières armes à la télévision et au cinéma. De 1950 à 1961, il participe ainsi à l’écriture et à la réalisation de plusieurs long-métrages, dont le célèbre L’ Invasion des profanateurs de sepultures (1956). En fait, il lui faudra attendre 1961 pour réaliser ses premiers films : New Mexico et Coups de feu dans la sierra. Porté par le succès critique, Peckinpah enchaîne alors avec une commande de studio, Major Dundee (1965). C’est un désastre : l’incompatibilité d’humeur entre le réalisateur et sa star, Charlton Heston, plombe le tournage et oblige les producteurs à faire remonter le film. Au passage, quarante minutes disparaissent du montage final. Du travail de Peckinpah ne reste finalement que des bribes, des morceaux d’une oeuvre sacrifiée restant à jamais invisible (les négatifs originaux ont été détruits).

Sam Peckinpah met 5 ans à se remettre de cet échec cuisant… Cinq années qui lui permettent de penser et mûrir La Horde sauvage (1969), western crépusculaire que d’aucuns considèrent comme son chef d’oeuvre. Interprété par Warren Oates, William Holden ou encore Ernest Borgnine, cette oraison funèbre du genre est restée célèbre pour sa gigantesque fusillade finale. Un massacre dantesque où Peckinpah laisse exploser une rage trop longtemps accumulée, comme s’il avait ruminé tout ce temps l’expérience Major Dundee. Avec la Horde Sauvage, c’est une certaine idée du Western que le réalisateur a enterrée.

Relancé, Peckinpah enchaîne alors les films, enrichissant sans cesse une oeuvre obsédée par la violence, son expression et ses motivations. Chiens de paille (1971) notamment osera un viol plein cadre, bien plus explicite que celui d’Orange Mécanique sorti la même année. Le scandale fut tel que la version non-censurée reste à jamais invisible dans les cinémas de Grande-Bretagne. La suite, même moins scandaleuse, ne s’assagira jamais. Le Guet-apens (1972), Pat Garrett et Billy le Kid (1973), Apportez Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia (1974) et surtout Croix de fer (1977) deviennent cultes, tant pour leur violence esthétique que pour leurs résonnances pessimistes.

Mais, ravagé par l’alcool et la cocaïne, Peckinpah sombre comme beaucoup à cette période. Ses deux derniers films, Le Convoi (1978) et Osterman week end (1982), ne rencontrent aucun écho, ni critique, ni public. Le réalisateur meurt finalement en 1984, victime d’une crise cardiaque. Père spirituel de John Woo, Martin Scorsese, John Carpenter et Michael Mann, Sam Peckinpah reste comme un précurseur, célèbre pour son usage du ralenti, ses gunfights sanglants et sa vision, très noire, de l’humanité.

La bande-annonce des “Chiens de paille” sorti en 1972

Les Chiens de paille Bande-annonce VO

 

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